Dans la foulée des enseignements tirés des crises sanitaires récentes, de plus en plus d’acteurs territoriaux s’engagent dans l’élaboration d’un community health improvement plan (CHIP) pour dynamiser la santé locale. Entre initiatives de quartiers et projets départementaux pilotés par l’ARS ou Santé Publique France, chaque démarche s’inscrit dans une logique d’amélioration continue. Du diagnostic initial à la mise en œuvre de stratégies ciblées, le plan se fonde sur une vision partagée et des indicateurs tangibles. Sous un ciel souvent changeant de Bretagne à l’Île-de-France, l’enjeu reste le même : placer l’humain au cœur de l’action, avec bienveillance et rigueur. Voilà un tour d’horizon des clés d’un CHIP opérationnel et fédérateur.
Définir des objectifs SMART pour un community health improvement plan efficace
La première étape consiste à poser un cadre clair. Dans le quartier fictif de Kérambellec à Rennes, un groupe de médecins, d’élus et de représentants de Santé Mentale France a appris à définir des objectifs SMART avant toute action.
L’acronyme SMART signifie : Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporel. Cette méthode, recommandée par l’INPES et relayée par l’Institut de Veille Sanitaire, permet d’éviter les effets de dispersion et de maintenir la motivation des partenaires.
Comprendre la méthode SMART
- Spécifique : viser un objectif précis (ex. : réduire les consultations non programmées).
- Mesurable : quantifier les progrès (ex. : diminution de 15 % en un an).
- Atteignable : adapter l’objectif aux ressources (financières, humaines).
- Réaliste : tenir compte du contexte local et des capacités de l’ARS.
- Temporel : fixer une échéance (6, 12 ou 24 mois).
| Objectif | Critère SMART | Exemple concret |
|---|---|---|
| Améliorer la vaccination | Spécifique, Mesurable, Temporel | Atteindre 95 % de couverture rougeole d’ici décembre 2025 |
| Réduire la dénutrition | Atteignable, Réaliste | Organiser 4 ateliers nutritionnels avec la Fédération des Actors de la Santé |
| Évaluer la qualité de vie | Mesurable, Temporel | Mettre en place un questionnaire semestriel validé par l’ANESM |
En pratique, l’équipe de Kérambellec a co-construit ces objectifs lors d’un atelier animé par un expert de Réseau Savoir-Faire. Cette démarche participative, valorisée par l’OMS, a permis d’instaurer un climat de confiance et d’éviter le piège d’un plan « imposé ». Une anecdote rapporte qu’un participant, voyant son stéthoscope, s’est écrié : « Est-ce que votre outil écoute aussi les envies de la population ? » Cette question simple a replacé l’humain au cœur de la discussion.
Key insight : Sans objectifs SMART, un community health improvement plan risque de tourner en rond, comme un cœur qui tambourine sans rythme.

Collecte de données et évaluation initiale pour un community health improvement plan
Avant d’intervenir, il faut observer. La collecte de données permet de dresser un état des lieux précis : état de santé, facteurs environnementaux, déterminants sociaux. L’ARS encourage l’usage de sources multiples, tandis que l’INPES propose des outils de cartographie participative pour intégrer l’avis des habitants.
Le Community Health Assessment (CHA) se base à la fois sur des données quantitatives (statistiques de l’Institut de Veille Sanitaire, rapports ARS) et qualitatives (entretiens, groupes de parole). En 2025, les plateformes open data des collectivités et les portails de Santé Publique France facilitent l’accès à ces informations.
Mettre en place un système de gestion des données
- Choisir un outil centralisé (par ex. Clear Impact Scorecard ou solution open source).
- Former les partenaires à l’enregistrement des indicateurs (OMS, ANESM).
- Garantir la confidentialité selon le RGPD et les recommandations du Centre de Coordination des Dépistages.
- Archiver les formats bruts et les rapports synthétiques pour assurer la traçabilité.
| Source | Type de données | Utilité pour le CHIP |
|---|---|---|
| Plateforme ARS | Données épidémiologiques | Identification des zones à risque |
| Santé Publique France | Statistiques de morbidité | Évaluation des priorités de santé |
| Enquêtes locales | Perception citoyenne | Recueil des besoins et attentes |
| Centre de Coordination des Dépistages | Taux de participation | Suivi de la couverture vaccinale et dépistage |
Au centre de santé de la Rivière, une équipe pluridisciplinaire réalise un atelier CHA chaque année depuis 2023. Ce rendez-vous, parfois animé par un podcast sur la détox digitale, permet d’ajuster le plan selon l’évolution des déterminants. Une participante s’est souvent demandée si sa plante de bureau, baptisée « Ibuprofène », pouvait témoigner de l’humeur collective : un sourire qui pousse, c’est déjà un indicateur « bien-être ».
Key insight : Sans un système de données robuste, le CHIP ressemble à un stéthoscope sans patient : il n’entend rien.
Engagement des partenaires clés dans un community health improvement plan
Une alliance entre structures publiques, associatives et citoyennes garantit le succès d’un CHIP. À Ploumanac’h, l’expérience d’un groupe baptisé « Santé en Marche » montre comment fédérer des profils variés : bénévoles, directions d’école, clubs sportifs et représentants d’hôpitaux.
La Fédération des Actors de la Santé propose un guide pour cartographier les acteurs. L’ANESM insiste sur la coopération interdisciplinaire, tandis que le Réseau Savoir-Faire valorise le partage de compétences et de retours d’expériences.
Identifier et mobiliser les partenaires
- Établir une liste des parties prenantes (mairie, ARS, associations locales).
- Inviter chaque acteur à un comité de pilotage partagé.
- Définir clairement les rôles et responsabilités de chacun.
- Prévoir des points de suivi trimestriels.
| Partenaire | Rôle | Contribution |
|---|---|---|
| ARS | Coordination | Ressources financières, expertise épidémiologique |
| ANESM | Qualité | Recommandations pour évaluer les pratiques |
| Santé Mentale France | Prévention | Ateliers de sensibilisation à la santé mentale |
| Centre de Coordination des Dépistages | Dépistage | Organisation de journées de dépistage gratuites |
Durant une réunion conviviale organisée à la Maison de l’Image, un représentant de la mairie a déclaré : « Quand on commence à soigner le litige avant l’inflammation, on gagne en efficacité ». Cet humour, teinté d’une métaphore médicale, a déclenché un franc succès et a renforcé l’engagement de tous.
Key insight : Plus le réseau est large et bien structuré, plus le CHIP devient un vaccin contre l’inertie.
Mise en place de stratégies populationnelles pour un community health improvement plan
Les « résultats statements » définissent la vision partagée. Par exemple : « Les espaces publics offrent une activité physique sécurisée » ou « Les familles accèdent facilement à des conseils nutritionnels gratuits ». Ces énoncés servent de boussole pour la suite.
L’étape de priorisation, recommandée par la National Association of County and City Health Officials, consiste à choisir trois à cinq enjeux clés. À Rennes, l’équipe Santé en Marche a retenu : promotion de l’activité physique, amélioration de l’alimentation et soutien à la santé mentale.
Construire des stratégies « Turn the Curve »
- Tracer la courbe de l’indicateur (ex. : taux d’obésité chez les 6–12 ans).
- Analyser le « story behind the baseline » (facteurs de risque, déterminants sociaux).
- Sélectionner les partenaires pertinents (écoles, clubs sportifs, Santé Publique France).
- Explorer les actions efficaces (ateliers, équipements, campagnes).
- Élaborer un plan d’action détaillé et chiffré.
| Indicateur | Stratégie communautaire | Horizon |
|---|---|---|
| Taux d’activité physique | Parcours santé en plein air + coach bénévole | 12 mois |
| Prévalence de l’obésité | Ateliers cuisine locale + nutritionniste | 18 mois |
| Score de bien-être mental | Groupes de parole et yoga communautaire | 6 mois |
Une étude de cas menée en 2024 a montré qu’une initiative similaire entre l’OMS et l’Institut de Veille Sanitaire a réduit de 8 % les comportements sédentaires en 9 mois. Le recours à des animations festives en plein air, ponctuées de podcasts santé, a renforcé l’adhésion des familles.
Key insight : Sans stratégies « Turn the Curve » clairement articulées, un CHIP reste une carte sans boussole.
Suivi, évaluation continue et réajustement d’un community health improvement plan
Le suivi se fonde sur deux niveaux d’indicateurs : communautaire (impact global) et organisationnel (performance des programmes). Chaque partenaire définit ses mesures, en lien avec l’ANESM et le Centre de Coordination des Dépistages.
Le pilotage régulier, via des convenings trimestriels, permet de réagir rapidement aux écarts. On utilise alors la méthode « Turn the Curve » pour évaluer les tendances et recalibrer les actions.
Mettre en place un tableau de bord partagé
- Sélectionner 1 à 3 indicateurs clés pour chaque priorité.
- Programmer des revues trimestrielles en comité de pilotage.
- Documenter les progrès et ajustements dans le système de gestion des données.
- Partager ouvertement les résultats avec la communauté.
| Indicateur | Mesure de performance | Fréquence |
|---|---|---|
| Taux de couverture vaccinale | Pourcentage de participation aux campagnes | Semestriel |
| Adhésion aux ateliers nutritionnels | Nombre de participants par session | Mensuel |
| Évolution du score bien-être | Note moyenne du questionnaire | Trimestriel |
Chaque réajustement s’appuie sur les recommandations de la Fédération des Actors de la Santé et sur les retours des habitants. La régularité des bilans est la clé pour transformer un plan en une dynamique vivante.
Key insight : Un community health improvement plan ne prend vie qu’à travers l’évaluation continue et l’agilité des acteurs.
Foire aux questions sur le community health improvement plan
Qu’est-ce qu’un community health improvement plan ?
C’est un plan formalisé définissant des objectifs, des stratégies et des indicateurs pour améliorer la santé d’une population donnée, en mobilisant partenaires publics et privés.
Comment choisir les bons partenaires ?
Il faut cartographier les acteurs locaux (ARS, associations, services municipaux, établissements de santé) et les inviter à un comité de pilotage pour clarifier rôles et contributions.
Pourquoi prioriser seulement 3 à 5 enjeux ?
La focalisation permet d’allouer les ressources de manière efficiente et d’obtenir des résultats mesurables plus rapidement, comme le recommande la NACCHO.
À quelle fréquence faut-il réviser le CHIP ?
Un bilan annuel est minimal, mais des points trimestriels assurent une adaptation continue aux changements de contexte ou de besoins.
Quel budget prévoir ?
Le budget dépend des priorités et ressources (subventions ARS, fonds européens, mécénat). Il doit inclure coûts logistiques, communication, évaluation et formation.





